• Hemingway

    J'avais lu Le Vieil homme et la mer, au collège, puis un ou deux romans un peu plus tard, sans accrocher. J'avais trouvé Hemingway relativement ennuyeux. Je viens de le redécouvrir grâce à l'unique collègue masculin de l'équipe, et c'est une redécouverte sympa.

    Si notre père n'avait pas été républicain, Eladio et moi, nous serions soldatsc hez les fascistes en ce moment ; et si on était soldats chez eux, ça ne serait pas compliqué. On obéirait à des ordres, on vivrait ou on mourrait, et, en fin de compte, il arriverait ce qui arriverait. Il est plus facile de vivre sous un régime que de le combattre.

    Mais cette lutte clandestine, c'est une chose dans laquelle il y a beaucoup de responsabilités. Beaucoup de soucis, et on est un gars à s'en faire. Eladio, il réfléchit plus que moi. Aussi, il s'en fait. Moi, je crois vraiment à la cause, et je ne m'en fais pas. Mais c'est une vie dans laquelle il y a beaucoup de responsabilités.

    Je trouve que nous sommes nés dans un temps très difficile, songea-t-il. Je pense qu'à n'importe quelle autre époque, ça devait être plus facile. On ne souffre pas beaucoup, parce qu'on est habitué à résister à la souffrance. Ceux qui souffrent ne sont pas faits pour ce climat. Mais c'est une époque de décisions difficiles. Les fascistes ont attaqué, et ça, ça nous a décidés. On lutte pour vivre. Mais je voudrais pouvoir attacher un mouchoir à ce buisson, là derrière, et revenir un jour prendre les oeufs et les faire couver par une poule et voir les petits perdreaux dans ma basse-cour. Moi, ça me plairait des petites choses simples comme ça.

    Mais tu n'as pas de maison et pas de basse-cour dans ta pas-de-maison (...). Tu es un phénomène de philosophie et de pauvre bonhomme.

    Pour qui sonne le glas se déroule en pleine guerre civile espagnole. Un jeune professeur américain, Robert Jordan, fait partie des Brigades internationales. Il arrive dans un campement républicain avec une mission, faire sauter un pont. Il a trois jours pour préparer et mener à bien sa mission.

    Je m'attendais à un récit "d'action", mais ce n'est pas ça. L'action est relativement statique, on s'intéresse plutôt à Jordan et aux personnages qui gravitent autour de lui pendant ces quelques jours particuliers, puisque l'issue de la mission est incertaine, et que l'armée franquiste peut à tout moment débusquer le campement républicain. Hemingway met en scène des hommes et des femmes, pris dans la tourment d'un conflit qui les dépasse et leur accorde plus d'importance qu'au conflit lui-même. Il ne s'agit pas de surhommes, de héros, mais ce sont des hommes et des femmes simples, qui auraient préféré vivre en paix, mais qui font face et assument les sacrifices que leur choix politique implique. Un livre à la fois simple et fort, que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt pendant plusieurs soirées.


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