• Entre les deux, mon coeur balance...

    L'homosexuel ou le guerrier sauvage ? Les deux films de la semaine étaient deux films mettant en vedette deux hommes d'un genre totalement différent, mais tous deux assez émoustillants ais-je trouvé.

    A Single Man, de Tom Ford est un beau film, très esthétique. George, universitaire anglais vivant à Los Angeles, ne se remet pas de la mort accidentelle de son ami, survenue un an plus tard. Il se réveille un matin avec l'intention d'en finir avec la vie, et va vivre cette journée avec une intensité toute particulière.

    Colin Firth et Julianne Moore se révèlent impeccables de grâce et de  légereté dans un film pourtant particulièrement triste. Tom Ford nous replonge avec talent dans l'ambiance des USA en 1962, et en voyant ce film j'ai pensé à  Ice Storm, de Ang Lee, que j'avais bcp aimé (bien que Ice Storm se situe à l'époque du Watergate, c'est à dire un peu plus tard). J'ai particulièrement aimé la façon dont Ford parvient à faire partager la souffrance de George, sans pour autant jamais verser dans le pathos larmoyant. George, tout en vivant l'instant présent, est tout entier tourné vers son passé, n'a plus l'énergie pour se tourner vers un  possible futur, et Colin Firth, en dépit d'un aspect rigide, sait parfaitement laisser transparaître le désespoir du personnage.

     

    Que dire du Guerrier Silencieux, (Walhala Rising) de Nicolas Winding Refn ? Qu'il suscite des critiques très contrastées, entre incompréhension et enthousiasme. Sur une lande désolée, un homme est dans une cage, enchainé, couvert de tatouages et de cicatrices, borgne. Des hommes le sortent, avec précaution, de sa cage, un enfant lui peint des symboles sur le corps avec de la boue, puis il est de nouveau enchaîné, toujours par le cou, à un poteau en plein air. Qui est-il, d'où vient-il ? cela ne sera jamais dit. On comprend vite qu'il est la propriété d'un homme, qui se sert de lui comme d'un chien féroce, pour des combats, occasions de paris. On devine qu'on est dans un pays nordique, dans des temps anciens. Mais le destin va amener cet homme sur la route de soldats chrétiens, cherchant à rejoindre la Terre Promise. En fait de terre promise, ils trouveront l'amérique du nord...

    Sur ce même scénario, d'autres auraient joué la surenchère, des hordes de païens affrontant les premiers croisés, auraient convoqués tempêtes et effets spéciaux, etc. Rien de tel de la part de Nicolas Winding Refn. Le film est minimaliste, et le spectateur a vite l'impression de participer à une expérience cinématographique dont il est partie prenante, plutôt que d'assister passivement à un énième film d'action. Cela peut donc dérouter, voire déranger. Personnellement j'ai beaucoup apprécié, et même aimé, même si je n'ai pas adhéré à tous les choix du réalisateur. Le reproche principal que je fait à Winding Refn est plutôt lié au scénario lui-même, il me semble qu'il a voulu courir trop de lièvres à la fois, explorer trop de directions, dont certaines hors de propos (à un moment on se demande si la dimension fantastique que prend le film est réellement voulue par le réalisateur), ou mal exploitées (l'épisode maritime frôle parfois le ridicule).  Il n'en demeure pas moins que Winding Refn fait des choix audacieux. Les scènes de combats sont d'une violence extrème, à la limite du supportable (mmmmhhhh la belle scène d'éviscération à mains nues!), mais le caractère excessif en est contrebalancé par la rapidité de la scène d'une part, par les filtres utilisés pdt une bonne partie du film d'autre part. Autre choix intéressant, le minimalisme des décors : la place est laissée à la beauté des décors naturels, en l'occurence la lande écossaise, aride, ou les forêts nordiques aux fougères luxuriantes, sur fond de fjords étincelants de lumière froide. Enfin, il fallait oser choisir, pour interpréter les indiens, des acteurs... tibétains. Choix audacieux mais réussi, puisqu'il consolide, dans ses derniers plans, la sensation éprouvée tout au long du film, celle d'une plongée vertigineuse dans les temps reculés de l'histoire humaine...

    (ah oui, j'oubliais : mention spéciale pour l'acteur Mads Mikkelsen. Borgne, muet, couturé de cicatrices, couvert de boue, il parvient à rester diantrement sexuellement attirant...)   

     

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