• Dimanche à Pau

    Mes parents sont arrivés en fin de matinée, nous avons déjeuné dans une brasserie du centre-ville, traditionnelle et assez sympa, avec un chemin de fer et un petit train (!) qui passe au-dessus de nos têtes pendant qu'on mange. C'est assez rigolo. Balade dans Pau relativement ensoleillé, l'incontournable boulevard des Pyrénées, le château bien sûr aussi. Et puis l'heure est arrivée, pour eux, de repartir. Quand mon père a ouvert sa portière pour monter dans sa voiture, j'ai failli éclater en sanglots en hurlant "emmenez-moi avec vous !" (bouhouhouhou), au lieu de quoi j'ai fait essayé de sourire tout en retenant mes sanglots - ce qui donne habituellement une espèce de grimace assez moche mais qui fait croire aux gens que je souris, et que je n'ai vraiment pas un beau sourire :-/

    En remontant dans mon appartement, j'avais du mal à retenir mes larmes, alors je me suis changée en trente secondes, et j'ai été chercher mon vélo (la résidence a un local à vélo). Je suis partie au hasard. J'ai bien du faire le tour de Pau, ou presque, et je n'exagère pas. Je me suis retrouver à bouffer du gazoil sur la route de Bordeaux, celle là même par laquelle j'étais arrivée la toute première fois où je suis  venue à Pau, pour passer l'entretien d'embauche pour la filiale où je bosse maintenant. Pour la énième fois, je me suis traitée d'imbécile, d'idiote, de pauvre c*****, de triple buse, Marie-Catherine t'aurais mieux fait de te casser une jambe ce jour là, même pas, les deux jambes, et encore, les deux jambes cassées ça ne suffirait pas pour t'empêcher de faire des conneries. En roulant je me suis fait la reflexion qu'à raison de 50 kms par jour, et j'en suis capable, il ne me faudrait que 4 jours pour aller chez mes parents. Un jour j'ai lu un article sur des gens qui craquaient un beau jour, il y avait l'histoire d'un type qui, en pleine dépression, a plaqué son boulot et a passer plusieurs mois à errer, passant ses journées au ciné. Cette histoire de cinoche, forcément ça me parle. Mais même, au-delà de ça, ces histoires de gens qui lachent la rampe, un jour. Je me souviens, dans mon premier boulot, il y avait un type qui, à la mort de son père, a craqué et a filé sa demission. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Moi, je ne suis pas capable de tout ça. Il y a toujours un réflexe de survie, chez moi, une peur de la précarité si je perdais mon boulot. Parler d'instinct de survie, quand on a deux tentatives de suicide derrière soi, c'est paradoxal et carrément nul - mais je n'ai pas une haute estime de moi-même.

    Bref, j'ai fait deux heures de vélo, à peu près le temps qu'il a fallu à mes parents pour rentrer chez eux. Quand j'ai posé mon vélo, il y avait un petit coin de ciel, orangé, ça m'a remis en mémoire les paroles d'une chanson de Brel "la ville s'endormait et j'en oublie le nom / sur le fleuve en amont, un coin de ciel brûlait". Un de ses plus belles chansons, au moins pour moi, mais pas de quoi remonter le moral. J'ai allumé mon pc, et puis un ami m'a appelé - merci, vraiment merci - et puis mes parents m'ont envoyé un sms pour me dire qu'ils étaient bien arrivés. Sur ma boîte aux lettres mails, j'avais un message d'un de mes fils, j'ai écarter la tristesse pour ne garder que le plaisir.

    Terminer mon article, mettre en ligne une photo prise en chemin - le jour où l'association vélo+APN ne fera plus son effet, je serai foutue - bouquiner le programme télé, me mettre à table - une soupe, mais avec assiette, beaux couverts et bougie devant moi - et m'affaler devant la télé dispensatrice d'oubli.


  • Commentaires

    1
    Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
    Mardi 22 Mars 2011 à 22:16
    Comme d'habitude j'écris trop vite. Et l'orthographe, l'orthographe ! vite fait, c'est mal fait.
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