• Depression nerveuse

    Je pense bien qu'il s'agit de ça. Si j'ai encore mon APN avec moi, si je le sors encore pour un autoportrait, c'est presque par habitude, s'il y a de l'envie là-dedans, c'est un reste d'envie, un souvenir d'envie. Je suis mal, je n'ai envie de rien, je mange parce qu'il faut manger, je craque facilement, les deux dernières nuits ont été difficiles, j'ai l'impression que rien ne va dans ma vie, de fait pas grand'chose ne va.

    J'ai fais l'aller-retour sur Bordeaux, ce week-end. J'ai signé la vente du studio vendredi, sans état d'âme. J'y suis passée une dernière fois juste avant, relever mon courrier, faire le relevé du compteur EdF. Juste un petit serrement au coeur, vite rejeté. Il était bien, ce studio, mais petit, et l'immeuble me paraissait en trop mauvais état pour me rassurer. Quand je reviendrais à Bordeaux, je me chercherai un T2, en location. J'ai testé le tout nouvel autoroute, vendredi matin. Un rêve : personne sur la route. Pour moi qui ne suis pas bien, qui me sens trop seule, cet aller et retour, parfois toute seule sur certaines routes, ça m'a renvoyé à cette solitude. En tout cas, le nouvel autoroute raccourcit, en effet, la distance. A l'aller, les pins m'ont paru arriver beaucoup plus tôt, et j'en ai été heureuse. Au retour, malheureusement, le Béarn est arrivé trop vite, aussi. Vue imprenable sur les Pyrénées, particulièrement bien visibles aujourd'hui, et, je l'admets, très belles. Mais maintenant je sais que les Pyrénées m'importent peu, et que ce sont les pins qu'il me faut, et puis le ciel de Gironde, aussi. Ici, les nuages arrivent d'un bloc, et vite, comme une espèce de grosse couverture grise, molletonnée, qu'une main invisible tirerait au-dessus de nos têtes. Là-bas, le ciel est changeant, des fins stratus du beau temps aux énormes cumulus océaniques déclinant toutes les teintes du gris, du plus clair au plus menaçant. Les couchers de soleil ne sont pas les mêmes, non plus, dans le ciel immense que dégagent les forêts de pins. Je me savais attachée à ma région, je ne me savais pas attachée à ce point là ! Etre né quelque part, comme le chante Le Forestier, c'est qq chose qui me concerne.


  • Commentaires

    1
    Rolvel
    Dimanche 19 Décembre 2010 à 22:05
    Les bouleversements, les périodes de fête (chez les autres), les changements de saison sont toujours des coups durs à passer, alors s'ils se cumulent...
    Il ne faut pas oublier de se faire plaisir!
    Les variations de gris ne sont pas sans charme.
    2
    Julie
    Mardi 21 Décembre 2010 à 11:07
    Essaie peut-être de prendre ton séjour palois comme une parenthèse qui te permet de goûter à autre chose et qui te fait apprécier là d'où tu viens. Je sais que pour notre part nous n'avons jamais autant aimé l'Ouest que depuis que nous sommes ailleurs !

    Pour la dépression, je te souhaite de t'en tirer le plus vite possible - mais il ne faut pas rester comme ça.
    3
    Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
    Mercredi 22 Décembre 2010 à 19:08
    Oui, cela me permet de savoir ce qui me manque, plus précisément. Et côté dépression, je vais faire tout mon possible pour ne pas y sombrer !
    4
    Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
    Mercredi 22 Décembre 2010 à 19:09
    Les variations de gris sont en effet très belles. Quand au reste... c'est exactement ça, l'accumulation de trop de choses :-(
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