• Dépression, chagrin d'amour, et autres joyeusetés.

    En fait, je dois bien le dire, même si j'ai évité d'en parler, j'ai fait une grosse dépression cet hiver. J'ai lutté comme j'ai pu, souvent seule (dire qu'on n'est pas bien fait singulièrement le vide autour de soi), sans arrêter de bosser un seul jour, en essayant de me porter en avant en changeant de boulot, en cherchant un autre appartement, en alimentant mon blog de photos, en évitant d'en parler. Puis quand j'ai vu que ça ne suffisait pas, que malgré tout, je m'enfonçais, j'ai secoué mon psy pour qu'il me prescrive le médoc dont j'avais besoin pour m'aider. Ca a fini par aller mieux, un mieux fragile, mais indéniable, de quoi  m'aider à supporter le stress induit par les démarches auprès des  banques - qui se compliquent singulièrement. Dans les causes de ma dépression, indéniablement la solitude affective, mais peut-être d'autres choses que je ne perçois pas encore. Je ne me suis jamais remise du fait de vivre sans mes fils. L'approche de mes 50 ans n'a rien arrangé, au contraire, le passage du "cousin Germain" non plus.

    Le cousin Germain, justement. Je pensé avoir  surmonté cette histoire. J'avais rangé ça dans une petite boîte, dans un recoin de mon  cerveau, avec un post-it  "ne pas ouvrir".  Mais quelle gourde, quelle gourde ! je fais, de lui avoir envoyé un mail, il y a quelques semaines, pour lui donner de mes nouvelles et prendre des siennes. Il m'a répondu, on a échangé quelques mails, et puis je ne sais pas comment c'est venu, il m'a dit qu'il venait voir sa mère ce week-end, et on a convenu de nous revoir. Il a sonné, pile à l'heure, j'ai ouvert et il était là, un bouquet de fleurs à la main. Je l'avais pourtant attendu sans impatience, et même, et c'est vrai, avec un certain ennui parce que ce rendez-vous me faisait louper une séance ciné. Mais voilà, il était là devant moi, et ça n'a pas loupé, on s'est retrouvé dans les bras l'un de l'autre. L'élan qui nous avait poussé l'un vers l'autre en janvier dernier, était toujours là, est toujours là. Nous avons passé l'après-midi d'hier à la plage, ensemble, et nous étions seuls au monde, dans l'urgence qu'il y avait à ne pas perdre une miette des minutes que nous vivions ensemble.

    La gourde que je suis a un solide instinct de survie, qui m'étonnera toujours, et j'ai eu, sur le sable, une solide discussion avec lui, pour lui expliquer qu'il n'était pas question qu'il revienne dans ma vie une troisième fois, si sa situation restait la même. Car en effet, si sa compagne et lui ont bien parlé de séparation en janvier, il n'en demeure pas moins qu'ils vivent toujours ensemble et que ni lui, ni elle, ne semblent décider à entériner la moindre séparation. Ce matin, j'avais le coeur en miettes (et c'est bien de ma faute, espèce de gourde), et au fil de la journée, ça a été de pis en pis. A tel point que j'ai annulé ma semaine de vacances prévue la semaine prochain. J'apréhendais déjà de me retrouver seule, mais là, maintenant, ce n'est carrément plus envisageable. Me lever, m'habiller, me maquiller encore plus soigneusement que d'habitude, sont pour moi des gestes essentiels, qui m'aident à tenir debout quoiqu'il arrive, même si travailler dans ces conditions, en luttant contre les larmes en permanence.

    Difficile, dans ces circonstances, de continuer à monter mon dossier de prêt immobilier, qui se complique singulièrement : déclarer qu'on a été hospitalisé en hopital psychiatrique, qu'on a pris des anti-dépresseurs signifie l'exclusion de certaines garanties, et pas des moindres : une assurance me refuse carrément la possibilité d'être prise en charge au titre de l'invalidité ! Depuis le début du dossier, j'ai passé de longues heures, au bureau, à régler pas mal de choses, et j'ai de la chance d'avoir une chef compréhensive !

    Il faut le croire, mon moral remontait doucement, ces dernières semaines, à tel point que je sortais un peu de ma coquille et avais accepté de revoir Monsieur  "le sexe, à deux, c'est mieux" avec qui j'étais sortie quelques semaines, en septembre/octobre dernier et qui m'avait régulièrement relancée depuis. On s'était retrouvé avec une certaine tendresse. Je ne l'ai pas vu depuis plusieurs jours, et je ne sais plus quelle suite donner à cette relation.

    J'ai, on s'en doute, peu dormi cette nuit. L'avantage c'est que ce soir, je devrais pouvoir m'endormir plus facilement. Il faut que je referme, de nouveau, et bien solidement, cette foutue boîte, et que je la réexpédie au fin fond de mon cerveau de gourde, le plus vite possible.


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