• Cousins, cousines, la fin : l'explication

    En fait, Germain, c'est un type comme tout le monde, qui aime bien maîtriser les choses, et savoir où il va. Donc il avait en tête, sans se l'avouer, un plan de route : gérer la séparation d'avec Léontine, sa compagne, s'installer dans sa nouvelle vie et sa nouvelle ville (il va être muté en juillet), tout en continuant à échanger par mail avec la cousine de la cousine (moi), avec peut-être une petite visite de temps en temps pour entretenir la flamme, et plus si affinités dès lors qu'il serait seul, ce qui lui permettrait d'ailleurs de ne pas être tout à fait seul, parce que ce n'est pas rigolo, d'être seul. Et puis dans deux ans, la retraite, retour dans la région bordelaise. Là où vit la cousine de la cousine, ça tombe vraiment bien.

    Sauf que voilà, en fait, il s'est passé quelque chose qu'il n'avait pas prévu, mais pas prévu du tout. Sa fille, à Germain, elle aime bien Léontine, et puis surtout elle aime beaucoup son papa Germain, et quand elle a appris qu'il y avait un projet de séparation, à cause du mauvais caractère d'Albert, le fils de Léontine, et bien elle l'a mal pris. Du coup, le week-end dernier, comme elle passait le week-end chez son papa, elle a pris à parti le petit Albert, dans le style "si ta mère et mon père se séparent, c'est à cause de toi", et du coup, Albert s'est senti mal. D'où une réunion familiale où il a été décidé que peut-être que la pension, pour Albert, ce serait une bonne façon de résoudre le problème.

    Du coup, Germain, qui s'acheminait vers une séparation, ben il s'est vu amené vers une réconciliation. Personne ne savait qu'il y avait depuis trois semaines autre chose que le mauvais caractère d'Albert, à savoir moi, mais Germain n'a rien dit, du reste on ne sacrifie pas une histoire de couple de six ans d'âge pour un coup de coeur de trois semaines, quand bien même on like le groupe "on a tous quelqu'un dans le coeur qu'on n'a jamais oublié" sur facebook.

    Bien sûr, ça, c'est moi qui le raconte comme ça, et d'après ce que Germain m'en a dit mardi soir en arrivant, mais je pense être relativement proche de ce qui s'est passé.

     

    Là où le bât blesse, c'est que Germain, en venant sur Bordeaux, dimanche après-midi, il m'a appelée. Et il ne m'a rien dit. Au contraire, il a continué le jeu que nous avions tissé ces dernières semaines, bavardages aimables et pleins de l'impatience de nous voir le mardi. Bien évidemment, je le lui ai reproché, d'abord de vive voix, puis hier matin par mail, parce que je tenais à ce que ce soit bien clair dans sa tête : il n'a pas été correct avec moi.

    Et qu'est-ce qui s'est passé, mardi soir, après l'aveu de Germain ? J'aurais dû le mettre à la porte, et la lui claquer au nez. Ce dont j'étais absolument incapable, je l'avoue humblement. Au lieu de quoi, je me suis retrouvée (volontairement) dans ses bras pour quelques baisers passionnés, d'une part parce que j'en avais envie, et d'autre part... parce que je voulais qu'il reparte chez lui en me regrettant amèrement. Nan c'est pas bien   :-)   mais j'espère bien que ça aura marché (garce, oui, absolument).

     

    Et qu'est-ce qu'il a dit, Germain, en repartant ? "si finalement ça ne marche pas avec Léontine... je t'enverrai un mail." Rhhhhaaaa mais bien sûr ! Mais c'est qu'il croit que je suis à sa disposition ? que je vais l'attendre ? Il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au cerveau : je n'ai aucune intention de l'attendre.

     

    Il est parti, j'aurais bien aimé pleurer un bon coup, mais ça ne venait pas. J'ai avalé une compote pour ne pas avoir l'estomac vide pendant les insomnies de la nuit à venir, j'ai avalé deux spasmine, une tisane "nuit calme" (!) et me suis accordée un quart de lexomil. Peine perdue, j'ai peu et mal dormi. Je me suis réveillée, j'ai pleuré, j'ai déjeuné, j'ai pris ma douche et j'ai pleuré, je me suis maquillée et j'ai pleuré (résultat, un look "panda"), je suis arrivée au bureau, et j'ai pleuré. J'ai pleuré une bonne partie de la journée, sous l'oeil compatissant de mes collègues. A midi, j'ai déjeuné avec deux d'entre elles, je leur ai expliqué ce qui m'arrivait, elles ont été gentilles et compatissantes. J'ai envoyé un mail à ma cousine (qu'en fait j'aime toujours autant) qui m'a répondu aussitôt "ce soir tu manges à la maison". Je n'avais pas forcément envie d'y passer le soir même, de discuter de ça, mais pas du tout envie non plus de rentrer dans mon appartement vide. Finalement, j'ai passé une excellente soirée, qui m'a fait bcp de bien. D'abord, parce qu'on n'a pas parlé que "de ça", et que lorsqu'on a parlé "de ça", j'en ai parlé calmement et que ça m'a fait du bien de "débrieffer" toute cette histoire avec elle en particulier*. 

    Ce matin, quand je me suis levée, je me suis sentie bien, normale, pas triste. Pleurer toute la journée d'hier, et discuter avec ma cousine, ça m'a fait du bien. Un sms d'une amie, puis de ma soeur, aussi. J'ai mis une de mes plus belles robes, et je suis arrivée au bureau en souriant. Bon, j'ai eu un petit coup de blues en début d'après-midi, envie de lui écrire (mais pour lui dire quoi ? et il m'aurait répondu quoi ?) sagement réprimée, et j'ai réussi à bosser correctement. La vie continue.

     

    * Avec ma cousine, on a des doutes sur la réussite de la tentative de réconciliation. D'abord, trouver une pension en milieu d'année scolaire, ça va être difficile. Ensuite, il faut que le gamin, roi du foyer, s'habitue à vivre sans maman et sans mamie. Et puis il faut aussi que Léontine accepte de voir repartir la prunelle de ses yeux en pension tous les lundi matins... et il y a toujours en suspens la mutation de Germain, avec déménagement à la clé, changement d'école pour le gamin, et le travail de Léontine ?  Qu'on ne croie pas que je tire des plans sur la comète pour autant : je n'ai pas l'intention d'attendre Germain, ni même Alex. J'ai demandé à ma cousine de me trouver un nouvel amoureux. Et puis on a parlé de l'organisation de mon anniversaire, puisque je fête mes 50 ans en mai prochain. Et ça, c'est sérieux !


  • Commentaires

    1
    Tonax
    Vendredi 25 Janvier 2013 à 02:04
    La cousine va devoir activer ses réseaux !
    Pour en revenir à Germain, il a été phénoménalement gonflé de te dire que si sa réconciliation ne marche pas, il te prévient ! En gros, il veut avoir une roue de secours mais s'il n'a pas à l'utiliser, c'est pas plus mal.
      • Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
        Vendredi 25 Janvier 2013 à 22:22
        Phénoménalement, c'est ça. Je n'en revenais pas moi-même ! Mais tu sais, je suis persuadée que c'était pour ça qu'il avait repris contact : mal dans son couple, il voulait savoir si j'étais bien seule, et... disponible, pour le cas où... En tout cas, il a dit ça sans suffisance, je ne sais même pas s'il a mesuré la portée de ce qu'il disait, il était réellement mal. Notre cousine lui avait dit, la semaine dernière "tu sais, la vie donne rarement une deuxième chance", il lui a répondu qu'il en avait bien conscience. Je pense qu'il est reparti mardi soir certainement bien plus perturbé que moi. Et tu vois comme est la vie : pour la deuxième fois, c'est une femme qui choisit pour lui. Il y a trente ans, c'était sa mère, aujourd'hui (même si elle ne le sait pas), c'est sa fille.
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