• Cousins, cousines, en mode "Humour"

    Bon, il faut savoir un truc : c'est que le cousin, je ne me souvenais plus de la tête qu'il avait. Il n'existe aucune photo de l'époque où on est sorti ensemble. Une chose est sûre : déjà, à ce moment là, il n'était pas très beau. Grand et bien bâti, certes, mais pas beau. Mais trente ans, c'est trente ans, et son visage était bien sorti de ma mémoire. On s'est revu il y a 18 mois lors de l'enterrement du mari de ma cousin, et on s'est même parlé (puisqu'il s'est arrangé pour me raccompagner à ma voiture !) mais honnêtement, je ne me souvenais plus à quoi il ressemblait, sauf que.... je m'étais dit qu'il était devenu très moche. J'ai passé toute la semaine dernière à essayer, en vain de me remémorer les traits de son visage, bernique.

    C'est donc le suspens total quand à son apparence physique, et quand j'ai ouvert la porte, je me suis dit : Ah mon Dieu, qu'il est moche !!! Il est encore plus laid que ce que je craignais ! Bon, j'exagère un peu. Il n'est pas repoussant quand même, mais bon. Ceci dit, ça ne m'a pas empêché, une heure plus tard, de lui tomber dans les bras. Il faut dire que les mecs moches, ça m'a jamais arrêté, au contraire, je finissais toujours par leur trouver du charme, persuadée comme je l'étais de ma propre laideur, et donc persuadée que je ne pourrais jamais intéresser un mec beau.

    Pour donner l'idée de mon complexe : il y a deux ans, à Pau, un type a voulu sortir  avec moi. Un homme vraiment beau, grand, bien fait, un beau visage bien régulier, et de magnifiques yeux clairs. Et bien sur le moment, j'ai cru qu'il se foutait de moi, et au final, pas du tout, mais j'ai toujours pas compris ce qu'il me trouvait.

    Bon, bref, le cousin.

    Je ne sais pas ce qui s'est passé, il y a un truc qui s'est passé, une attirance, qq chose. On a parlé, parlé, parlé, on a quand même fini par y arriver, à tomber dans les bras l'un de l'autre. Il m'a dit : "dans ma situation actuelle, je ne peux te proposer qu'une place de maîtresse". J'ai trouvé que ça faisait un peu offre d'emploi, "dans le contexte actuel on ne peut vous proposer qu'un poste d'intérimaire", mais bon, il y a des missions d'intérim qui finissent en CDI !   ;-)    J'ai dit "ok, je prends". La solitude affective, ça va bien cinq minutes, et puis un mec de temps en temps, ça m'irait bien, parce que je finis par croire que je ne serais plus tellement capable de vivre avec un homme en permance, au moins au début. Donc, la mission d'intérim, why not. Ce qui est rigolo, c'est que c'est que m'avait proposé le garçon à Pau, et là, j'avais dit non, parce qu'en  fait, je suis plutôt du genre exclusive - et c'est un doux euphémisme pour dire que je suis carrément jalouse (toujours cette même histoire de mauvaise image de moi-même).

    Sur ce, l'heure d'aller dîner chez ma cousine arrive, on y va. Dans la voiture, il me regarde et il me dit "Question : on lui dit quoi, à la cousine ?" Moi, je lui aurais bien tout raconté, j'étais trop contente (ben oui) de sortir avec le cousin que je  regardais déjà avec les yeux béats de l'amour (je suis très nunuche dans ces cas là). Et oui, mais la cousine, c'est la cousine, alors ça veut dire que le fils de la cousine est ami sur Facebook avec la fille du cousin qui elle-même est amie avec la compagne du cousin (celle que je suis censée évincée, selon le plan de la cousine). Tout le monde a suivi ? Bravo, et vive facebook. C'était déjà pas facile il y a 30 ans, mais là !...

    Donc, on dit rien  à la cousine, qui essaie de me cuisiner entre deux portes... de cuisine. Je lui donne la version officielle "on a discuté, mais sa situation est compliquée, il a une décision à prendre dans les mois qui viennent ". J'ai été convainquante, et la cousine ne s'est doutée de rien, comme elle me l'indiquera plus tard. Les autres invités, eux, auront des doutes toute la soirée sur ce qu'il  y a ? a eu ? aura ? entre lui et moi, sans jamais que lui et moi ne trahissions quoi que ce soit - mais je pense que les phéromones dont nous étions entourés devaient être perceptibles des lieues à la ronde.

    Petite parenthèse, catégorie érotique : on parle toujours du plaisir. Jamais, ou presque, du désir. J'affirme, moi, que le désir est tout aussi bien, intense, et parfois même mieux que le plaisir lui-même. Avoir envie de quelqu'un pendant plusieurs heures, ressentir le désir monter, anticiper le plaisir à venir en pensée, d'autant plus quand on est entouré et qu'on ne peut que se frôler...  pfffiiiouuu !

    Inutile de dire que nous sommes partis les premiers, assez rapidement après le café  :-)

    Retour chez  moi, pour une séance de baisers intenses et de caresses qui m'ont rapidement laissée pantelante (je suis réactive). Je lui ai donc suggéré de passé à l'acte.

    Nouvelle parenthèse, catégorie aucun tabou : pour moi le sexe, c'est naturel, c'est comme boire et manger, et je dis cela sans dévaloriser le truc : j'aime manger et boire, pour moi ce sont deux choses importantes, donc, le sexe, c'est normal et important. Donc moi, le lecteur fidèle du blog l'aura compris, le "jamais le premier soir", c'est pas ma philosophie, malgré tout ce que m'affirment les copines. Ceci dit, je l'admets, maintenant je commence à comprendre : je suis désolée de le dire, mais force est de constater que les hommes aiment bien les filles qui aiment bien faire l'amour, et ce dès le premier soir, mais que dans leur for intérieur, ils ne considèrent pas cela  bien. Ce qui est très hypocrite : on devrait se laisser peloter, mais pas trop. Mais ça, je ne sais pas faire, il faudrait que je joue la comédie du "je veux bien mais pas tout de suite", et je suis une très mauvaise comédienne, et puis toujours pareil, comme je suis persuadée qu'un homme ne peut pas vraiment s'intéresser à moi, je couche de suite, parce que j'ai toujours peur qu'il ne revienne pas en deuxième semaine. Fin de la parenthèse.

    Donc, on en était là, sur mon lit, mais là, il  me dit "non, je ne peux pas, ce serait manquer de respect à (appelons la Léontine, tiens)". Allons bon, il me fait un coup de calcaire ?! C'est quoi, cette espèce de moralilté à deux balles ? je suis là, rendue à moitié à poil par ses soins, et c'est pas déjà de la tromperie, ça alors ?

    Bon, ok, je comprends vite le problème : le coup de la maîtresse, il assumera pas, et il est là, bien emmerdé, parce qu'il est devant moi et qu'il ne sait plus comment se sortir de la situation sans passer pour le salaud de service.

    (Autre hypothèse : le type craignait la défaillance et m'a parlé de sa copine pour se trouver une excuse.)

    Brave fille, j'ai remis ma culotte (et ravalé mon envie), je lui ai dit : "je comprends, tu as déjà assez de souci comme ça, ce n'est pas le bon moment pour nous". Et j'ai ajouté "le mieux c'est qu'on arrête là." Il m'a répondu que j'étais "vraiment une belle personne". Une belle personne en pleine frustration sexuelle, oui !

    Et je l'ai raccompagné à sa voiture en lui disant que j'avais été très contente de le revoir.

    Je l'ai même remerciée de m'avoir dit qu'il m'avait toujours aimé.

    Parce que je suis très crétine quand je suis amoureuse, ou presque. (j'ai un vrai coeur d'artichaud).

    Et je suis rentrée et je me suis mise à pleurer, parce que coeur d'artichaud, donc, et que, quand même ("kamême !") il m'a dit de très jolies choses durant toute cette soirée, avant et après le repas, et que j'ai la certitude (il m'en a fourni des preuves) qu'il m'a toujours aimé et que s'il avait tenu à me revoir, ce n'était pas du tout pour une partie de jambes en l'air comme je l'ai cru tout d'abord quand il a repris contact avec moi.

    En tout cas, après une journée difficile, j'ai été m'épancher chez la cousine, ravie ! (on s'en doute) de recueillir mes confidences. Elle m'a dit : "que veux-tu que je fasse ?", elle était déjà en train d'échaffauder une stratégie de mails visant à ramener le cousin dans mes filets. Je lui ai répondu : "rien" (Seigneur, garde de moi de mes ennemis, mes amis, je m'en charge).

    Ceci dit.... je pense qu'elle va contre-attaquer de son côté, selon la stratégie de la meute : moi j'attaque de front, elle attaque sur le côté.

    J'ai passé ma matinée (productivité : 0) à élaborer un mail que j'ai envoyé au cousin. D'une part pour lui livrer mon analyse de sa situation (et cela, de façon très objective et très sincèrement car je crois qu'il ne sait réellement pas où il en est par rapport à sa compagne, et je lui ai même conseillé de recourir à un conseiller conjugal), d'autre part pour lui rappeler que moi, j'existe, et que je veux bien l'attendre un peu, mais "kamême" pas trop longtemps.

    Bien sûuuuuuuuur, j'ai d'abord envoyé mon mail à ma cousine pour qu'elle le lise.

    Elle m'a répondu illico (facebook, c'est nul, outlook c'est bien). Elle l'a trouvé très bien, mais m'a dit : "tu devrais tout de même te mettre plus en avant, lui montrer ce qu'il perd s'il  reste avec (appelons là Léontine)." J'ai appliqué son conseil, rajouté deux-trois trucs, puis j'ai envoyé le mail, qu'il ne lira que dans une semaine puisqu'il est en vacances. Au moment de l'envoyer, j'ai hésité : sur son adresse pro à la Maréchaussée, ou sur son adresse perso que je ne sais pas si Léontine y a accès ? Ma cousine n'aurait pas hésité "l'idéal, m'avait-elle dit un peu plus tôt, serait qu'il couche avec toi, que Léontine l'apprenne,comme ça elle le quitterait". Ma cousine n'aime pas du tout Léontine. Je l'ai finalement envoyé sur son adresse pro, puisque c'est celle sur laquelle nous communiquions la semaine dernière. En principe une boîte mail pro personnelle, c'est personnel, mais là, comme c'est la Maréchaussée, j'espère que pendant son absence il n'a pas un collègue chargé de relever ses mails, ce serait ennuyeux pour lui. Bah oui, tout ce que j'ai raconté est très immoral, mais j'ai quand même un peu de moralité de temps à autre.

     

    Bon, voilà, décidemment cette histoire n'est pas très morale.

     

    Au final, qu'est-ce que j'espère ? Et bien, sincèrement, j'espère qu'il va savoir gérer sa situation conjugale. En fait il vit depuis plusieurs années avec une femme qui a un fils, unique, orphelin de père, couvé par la mère et la grand'mère, qui font bloc contre le cousin dès qu'il entend se méler de l'éducation du gamin (que, de fait, il se retrouve à devoir élever). Le gamin, à l'entendre, ferait tout pour séparer sa mère du cousin (il va falloir que je lui trouve un nom, au cousin). Le cousin (que je vais finir par appeler Germain, bien sûr) n'en peut plus, mais pour autant il ne sait pas comment gérer la situation : il se sent bien avec la maman, mais ne supporte absolument plus le fils. Une mutation devant intervenir en milieu d'année, il laisse pourrir la situation en espérant que cela va aboutir de fait à une séparation (la maman aurait dit qu'elle n'entendait pas changer le fiston d'école). Dans mon mail, je lui ai donc livré mon point de vue - et je pense avoir été assez objective (ma cousine a été étonnée de l'analyse que j'ai faite de ladite situation) et lui ai donné le conseil de ne pas laisser pourrir la situation, mais au contraire de l'affronter, le plus rapidement possible, en lui disant que s'il tient à elle, il existe forcément une solution pour conjuguer sa relation avec elle tout en éloignant le gamin (j'aurais bien conseillé un empoisonnement, après tout, il est dans la Maréchaussée, le crime parfait c'est son rayon en quelque sorte, mais j'ai crains qu'il ne manque  d'humour, et puis c'était un mail très sérieux, je me suis contentée de parler de pensionnat, par exemple). En fait, j'ai consacré les deux tiers de mon mail à l'encourager à affronter la situation rapidement, et en le poussant à chercher ce qu'il voulait vraiment (parce que j'ai bien senti, tout de même, qu'il a de l'affection pour la nana). M'installer ds la vie de Germain si c'est vraiment un coeur à prendre et qu'il est toujours amoureux de moi, ok, détruire un couple, pas question. Alors, il y a quand même un peu de morale, hein !?

    J'ai quand même fait mon auto-promotion dans le rôle de maîtresse intérimaire appelée à devenir CDI, pour le cas où il s'avèrerait que  finalement, il se décide à quitter Léontine (plutôt que d'occire le fiston).

     

    Et puis voilà, il  faut que je passe à autre chose, mais quand on est seul, c'est pas évident, surtout s'il s'agit justement d'une histoire de coeur. Comme je suis toujours partagée en deux, il  y a une part de moi qui pense :"oublie ce type, il est nul et en plus il quittera jamais sa bonne femme", et l'autre partie qui dit : "oui mais il a eu des sentiments très forts pour toi, et toi tu as éprouvé qq chose pour lui, il y a peut-être un futur possible pour vous deux ensemble". Je sais que sa mutation interviendra en juillet, je saurai à ce moment là quel choix il a fait. Sept mois, c'est long.

     

    A moins, bien sûr, que la cousine, par une attaque surprise sur le flanc gauche, arrive à prouver à Germain, en lui montrant la page facebook du fiston, que celui-ci complote pour éliminer son rival dans le coeur de sa môman, en sectionnant le câble du liquide de frein de sa moto, par exemple. En fait, plus sûrement, elle va s'acharner à lui prouver à quel point Léontine est bête et peu élégante ("alors que quand ils vous ont vu ensemble samedi soir chez moi, ma cousine et toi, mes amis ont dit : "ah, quel joli couple, comme ils vont bien ensemble !").

     

    En parlant de facebook, le cousin Germain, il est ami avec le groupe "On a tous dans le coeur quelqu'un qu'on n'a jamais oublié." et son statut n'est plus "en couple". C'est...  ma cousine qui me l'a dit   :-)


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :