• Comme un train qui va trop vite

    Il y a des moments, comme ça, où  j'ai l'impression que tout s'emballe, que je suis dans un train qui ne s'arrête plus dans aucune gare. En général, ça va avec une grande fatigue, et je crois même que c'est la fatigue qui me donne cette impression, parce que chez moi la fatigue s'accompagne d'une sorte d'excitabilité. De plus du fait de la fatigue je ne parviens pas à me lever aussi tôt que d'habitude, j'ai donc le temps de faire moins de choses. Et comble de tout, depuis quelques semaines j'ai l'impression de ne même plus arriver à tout faire le week-end, alors que j'ai désormais des week-ends de trois jours !

    Bon, faut que je me pose, que j'arrête l'emballement de la machine, même si je ne sais trop comment faire.

    D'abord, dormir. Je rentre d'un déplacement de trois jours à Paris, pour mon futur nouveau boulot. Ce fut passionnant autant qu'intense. Avec un afterwork alcoolisé qui m'a fait du bien - ce n'est pas si souvent que je bois. Et, au passage, la LGV qui met Paris à deux heures de Bordeaux, c'est vraiment appréciable. Mais j'ai très mal dormi - mais je dors mal depuis déjà plusieurs mois - et le séminaire avec ma nouvelle équipe a été intense et m'a demandé bcp d'attention.

    Si j'ai eu un moment d'angoisse, juste après avoir accepté ce nouveau poste, due au fait de quitter mon ancienne équipe dans laquelle j'étais bien, et à l'idée de devoir une nouvelle fois affronter de longs mois à galérer à apprendre un nouveau boulot, j'ai aussitôt réalisé que j'étais soulagée aussi de quitter mon équipe, parce que je suis usée d'entendre certains être constamment négatifs, et que je suis usée également de devoir jongler, à longueur de journée, entre différentes applications, on n'imagine pas à quel point mon cerveau est sans arrêt sollicité. Je zappe d'une application à une autre, d'un écran à un autre, je dois parfois réfléchir à deux choses en même temps, sans parler du téléphone qui sonne et m'oblige à encore zapper pour répondre à mon interlocuteur alors que je faisais autre chose, sans parler du bruit autour de moi. Bref, même si j'en bave dans les mois à venir, je devrais gagner en calme - même si je vais devoir bosser à côté d'un de mes supérieurs hiérarchiques qui est particulièrement agité (mais heureusement il partage son temps entre Bordeaux et Paris). Du coup, il me tarde de rejoindre ma future nouvelle équipe, composée d'une chef particulièrement professionnelle (ça va me changer) et d'un collègue gentil et sympa.

     

    Bon, me poser, oui mais comment ? D'abord chercher à comprendre où se situe le problème, en parler à ma psy aussi, et arriver à (re)poser mon cerveau. Une certitude : travailler sur quatre jours, oui, sauf qu'en quatre jours j'ai la même charge de travail qu'en cinq. Sauf que j'ai le salaire que de quatre jours, ce qui me génère une pression supplémentaire dans ma vie courante. Et que, faisant de longues journées auxquelles il faut ajouter des temps de transport qui s'allongent du fait de l'augmentation de la circulation sur la périphérie bordelaise, je rentre souvent tard chez moi. Quand je dois prendre un rdv, je le prends donc le vendredi matin, jour où je dois également faire les courses, sans oublier le cours de ukulélé du vendredi en plein milieu de l'après-midi, ce qui me bloque un peu celui-ci. Le ukulélé, ça se travaille tout au long de la semaine. Les chats c'est bien, mais deux chattes à poils mi-longs ça veut dire bcp de poils qui volent partout dans l'appartement. Donc, passer l'aspirateur deux fois par semaine minimum. Changer la litière régulièrement. Arroser les plantes des balcons. Nettoyer carrelage, baignoire, pare-douche après chaque douche pour éviter le tartre. Faire mon lit tous les matins. Entretenir mon linge, et accessoirement celui de mon cadet qui n'a pas de machine à laver dans son studio, trouver des idées de menus lorsqu'il vient dîner, deux fois par semaine... le yoga du samedi matin, la cuisine que j'aime maintenir immaculée après chaque repas... J'ai bien apprécié les deux jours passés à l'hôtel cette semaine. J'ai l'impression de ne pas donner à mes amis lointains le temps que je voudrais leur donner, je passe en vitesse sur messenger et ma messagerie... vite, tout va trop vite pour moi.

    Descendre du tgv, prendre le temps de marcher sur les chemins de traverse... Et dans l'immédiat, éteindre le pc, me couler dans mon lit en compagnie des chattes ronronnantes, et lire quelques pages d'un roman de Mauriac - c'est reposant Mauriac.


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