• Buzz, la suite

    Avant même que la nouvelle nous soit officiellement communiquée, on l'a lue sur la tv de la cafèt : l'annonce des suppressions de poste. Drôle d'époque où tout va si vite.

    Les représentants de mon syndicat étaient tous à Paris, pour le CCE, justement. Il m'a donc fallu prendre la relève, en réunion intersyndicale, face aux élus locaux qui sont venus cet après-midi nous apporter leur soutien. Pas facile pour moi, je me suis sentie très, très mal à l'aise, déplacée. Je travaille dans une grande entreprise, elle même élement d'un grand groupe : je n'ai jamais maîtrisé les organigrammes, les plans stratégiques, les structures économiques. Alors ces élus, et la nuée de journalistes avec appareils photos et caméras... Je me suis tenue sagement à côté du porte-parole de l'intersyndicale, et heureusement il avait suffisamment à dire. J'apparais quand même sur quelques reportages, mais les images vont toujours tellement vite qu'il n'y a que moi pour savoir que  je suis là  :-)   Après la réunion, les élus sont repartis, mais lentement, et certains m'ont approché pour en savoir plus, pour avoir mon ressenti sur la situation, sur la responsabilité de l'actionnaire majoritaire dans la situation présente. En tout petit comité, je me suis sentie bien plus à l'aise, et je m'en suis bien sortie.

    Ca fait bizarre, ces gens, qu'on voit souvent à la télé, ou dans les journaux, et puis ces dizaines de journalistes qui leur tournent autour, les flashs qui crépitent pour une ou deux photos seulement dans le journal - et encore !  C'est un autre monde. Existons-nous seulement pour eux autrement que par utilité ?

    Les chiffres sont donc tombés. Des suppressions de poste, et à la clé des licenciements économiques pour ceux pour lesquels on n'aura pas trouvé de solution de reclassement, de départ accompagné (pour une création d'entreprise par exemple), ou de mutation.

    Avec les chiffres, la pression elle aussi est retombée. Ces derniers jours ont été éprouvants pour nous, et la pression médiatique a été mal ressentie. Entendre parler du  plan social nous concernant à chaque flash info, cela avait fini par me saper le moral. Une collègue m'a racontée qu'hier soir son petit garçon s'est mis à pleurer, en entendant parler de cela à la télé, une fois de trop. Pour un enfant, l'idée que sa maman n'ait plus de travail, et donc plus de salaire, peut être très angoissante.

    Ces prochaines semaines, on en saura encore plus, par les négociations qui vont avoir lieu, sur les modalités pratiques de ce PSE, plan de sauvegarde de l'emploi. Le service dans lequel je travaille ne devrait pas être impacté, notre activité se portant encore bien. Ce n'est pas pour rien que j'avais souhaité quitter le service informatique, et un des buts de mon départ à Pau était de raccrocher avec une activité de production. Je savais que mon poste, à l'informatique, n'était pas perenne, au regard des difficultés qui commençaient alors à se faire déjà sentir. De fait, les services informatiques, services dit "supports" et non productifs, seront impactés par les suppressions de postes. J'ai passé assez d'années là bas pour y avoir noué quelques liens, et je crains pour mes amis et mes anciens collègues.

    Même si je ne devrais pas être concernée par ce PSE, nous ne savons rien de l'avenir. Ce PSE suffira-t-il à redresser la barre ? L'interrogation première concerne en fait avant tout notre actionnaire principal : souhaite-t-il, ou non, conserver notre entreprise ? si oui, on peut espérer que de nouveaux projets seront lancés, pour nous redonner un avenir. Si non, il est fort probable que ce PSE ne sera que le premier.

    D'une manière étrange, je partage avec mon fils cadet cette interrogation sur notre futur professionnel. De même qu'il ne sait pas ce qu'il veut faire, et donc ne sait comment s'orienter, je réalise qu'il va falloir que je réfléchisse moi aussi à un avenir professionnel.


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