• Parce que l'estime de soi, c'est bien  ;-)

     
    (oui, parfois, je m'aime)

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  • Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.


    En fait, ce n'est pas grand'chose. Je suis un bâteau ivre. Hors du regard d'autrui, sans les respirations d'autres pour accompagner les miennes, je me sens incapable de vivre. Seule, j'ai le sentiment de dériver. Il me faut pourtant apprendre à vivre ainsi, sans port d'attache autre que moi-même. Du "mieux vaut vivre seul que mal accompagné" ou du "mieux vaut vivre mal accompagné que vivre seul", je ne saurais, pour l'instant, trancher. C'est tout de même un  peu crétin, cette incapacité, je me sens handicapée, bancale, inadaptée, honteuse, et puis c'est inconfortable, quand ce n'est pas franchement douloureux, et parfois je donnerais cher pour arrêter cette douleur-là, pour tout arrêter en fait, pour éteindre l'interrupteur. Et puis ça passe, même si à chaque fois, repliée sur mon nombril à vif, j'en doute.

    Je lui ai dit "je ne sais pas vivre seule." Il m'a répondu "si, tu sais vivre seule". C'est vrai. Je sais m'organiser, gérer mon temps, mes loisirs, aller vers les autres, ne pas me laisser envahir par les papiers en retard ni la vaisselle sale. J'apprécie même les petits déjeuners solitaires sur la terrasse, les bruits des autres autour, je n'ai pas peur de dormir seule, j'aime les banalités échangées dans une boulangerie, me balader pieds nus dans un village endormi un dimanche, et je n'ai pas besoin d'être deux pour me sentir grisée par l'immensité d'un horizon où je rêve de vivre.

    Alors, quoi ?

     


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  • En apparence, rien n'a changé.

    Je suis toujours capable de prendre mon vélo, pour aller me balader. De passer une heure sur ma terrasse, au moment du petit-déjeuner, à paresser, à regarder les arbres, à tenter de découvrir chaque molécule odoriférante dans l'air. Ce matin, l'air est frais, vaguement piquant - il présage l'automne à venir - et parfumé d'une délicate odeur de feu de bois. Il y a eu un incendie sur le Bassin, je n'ose croire que c'est l'odeur qui vient jusqu'à nous, et pourtant.

    Mais en dedans, ce n'est pas ça. Je ne savoure plus l'instant, je ne parviens pas à retrouver ces sensations de bonheur et de plénitude qui m'envahissaient. Je ne parviens plus à être moi.

    Mon cerveau fonctionne sans discontinuer. Je suis perpétuellement en train de penser, et c'est fatigant, d'autant que ce sont des pensées qui tournent en rond, autour de mon mal-être, de mon avenir, de ce rendez-vous que j'ai pris la semaine prochaine à... Si encore ces pensées m'aidaient à avancer, à y voir plus clair... Mais non, c'est un tourbillon, et rien de plus.

    Le même phénomène, à un degré plus critique, il y a cinq ans, m'a valu d'être mise sous neuroleptiques par la psy qui me suivait. En fait, ça m'avait mise dans un brouillard sévère du côté des capacités intellectuelles (plus jamais, plus jamais, j'en paie encore le prix au niveau du boulot) et ça n'avait pas vraiment endigué le flot de pensées que mon cerveau est capable de produire. L'homéopathe, à qui je m'en suis ouvert il y a quinze jours, en lui disant que mon frère a le même problème, m'a simplement demandé si nous étions des enfants précoces. Je ne m'attendais pas à la question, ça m'aura au moins fait rigoler, parce que pour mes parents nous n'avons jamais été assez intelligents, même si ma mère claironnait partout que j'ai appris à lire toute seule. Pour ce que ça me sert, quarante ans plus tard...

    Un coup de fil, de mon frère, justement, à l'instant. Gémellité troublante des sentiments, des galères, il aimerait, lui aussi, pouvoir débrancher son cerveau, en ce moment... Heureusement, nous nous voyons ce midi, pour l'anniversaire d'une cousine, pause bienvenue....

    Pour me rassurer, il m'a dit "ne t'inquiètes pas, j'ai des capacités de récupération extraordinaires". Ouais, ça, c'est de la méthode Coué. J'ai répondu "oui, c'est ça, et moi aussi. Mais jusqu'à quand, hein, jusqu'à quand ?"....


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  • Me dire que ce n'est qu'une question de défaillance du point de vue. Me dire qu'il suffit peut-être que je change la façon de regarder les choses, parce que je m'aperçois que je n'ai pas la bonne. Penser à mon APN rose, si rose, me dire qu'il faut que je fasse comme si je regardais à travers cet objectif-là, comme quand je cherche le meilleur angle de prise de vue possible.


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  • Crise d'angoisse : oui, moyenne.

    Crise émotionnelle : oui, haute.

    Sentiments : tristesse, repli sur moi, colère, ressentiment. Gestion : 2/10.

    Découverte autopsy du jour : "F 47 ans, ch homme âge en rapport (ah ah ah), orphelin, sans enfants, stable et disponible pour relation fusionnelle". Ma fille, t'es mal barrée. Remarque, on s'en doutait un peu.

    Question du jour : "est-il toxique ?" figure-toi (et rassure-toi tu ne m'auras donc pas vexée) que je m'étais déjà posée la question. Suis-je prête à y répondre honnêtement : non.

    Découverte autopsy du jour/2 : "F 47 ans, maturité sentimentale niveau zéro, cherche coach en relations amoureuses".

    Première visite chez l'homéopathe, prescription du jour : lithium (re-ah ah ah) (oligosol), gelsemenium. Je ne sais pas ce que c'est, mais le nom est sympa.


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