• Pas de muguet pour embaumer mon petit déjeuner cette année, et je l'ai bien regretté, crois-moi, l'odeur du muguet est une odeur que j'adore, tout comme j'adore la vision de ces délicates petites clochettes blanches.

    Bravant la pluie et le vent, je suis sortie en fin de matinée pour ma sortie quotidienne, attestation en poche, avec pour l'occasion le grand parapluie aux couleurs et symbole de mon syndicat, bleu blanc et colombe portant un rameau, et j'ai fait mon tour en sifflotant L'Internationale. 

    L'Internationale, pourtant, c'est pas inné pour moi. Petite-fille d'un officier de l'armée de l'air, fille d'adjudant, nièce de marins à pompons rouges (à l'époque on parlait de la "Royale" et mes oncles étaient fiers de dire qu'ils faisaient leur tour du monde à bord de "La Jeanne", entendez la Jeanne-d'Arc), j'ai plutôt été biberonnée aux chants militaires (La République nous appelle, sachons vivre ou sachons périr, un français doit vivre pour Elle, pour Elle un français doit mourir !) et aux cantiques religieux (la touche maternelle de mon éducation). C'est au lycée que j'ai entendu l'Internationale pour la première fois, mes deux meilleurs amis de l'époque l'ayant entonné un jour pour je ne sais plus quelle occasion. Je me souviens du choc que ça m'a fait, l'Internationale j'en avais entendu parler, mais rencontrer des gens qui savaient la chanter, c'était vraiment pour moi un véritable choc culturel. D'ailleurs avec ces amis là j'allais de découverte en découverte, une vraie ouverture d'esprit à d'autres façons de voir le monde, penses-tu l'un était fils de républicains espagnols ayant fui Franco, l'autre était réfugiée politique fuyant Pinochet. Pleine d'enthousiasme j'ai appris El Pueblo unido jamas sera vencido par cœur, je me suis réjouie de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir (à quelques mois près j'aurais pu voter pour lui), et j'ai aussi très vite compris que l'étroitesse d'esprit est finalement la même partout, "Dis Marcelo que se passe-t-il en Pologne ?" "Rien, il ne se passe rien en Pologne." - Le "rien" c'était Solidarnosc, imagine le caillou dans la chaussure de tous mes amis communistes.

    Autre temps, autres mœurs, j'ai donc défilé-confinée toute seule ce matin, à défaut de muguet j'ai respiré l'air des chèvrefeuilles ornant les grillages du quartier, et en passant à côté d'une belle haie printanière, je me suis régalée de l'odeur des fleurs blanches de la saison, seringas, orangers du Mexique et, surtout, des fleurs des thuyas, une odeur acidulée venue de l'enfance, et c'est bien une de mes odeurs préférées. Camarade lectrice, camarade lecteur, bon premier mai à toi ! 


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  • Je te le dis de suite : ce titre n'a absolument rien à voir avec ce billet. J'ai juste entendu cette phrase tout à l'heure dans une série télévisée, et elle m'a plu. Je me suis dit que ça pourrait faire une bonne entrée en matière pour une nouvelle ou un roman, mais je n'ai pas été chercher plus loin, il y a belle lurette que je me suis dit qu'il y a suffisamment d'auteurs qui poussièrent sur les rayonnages des bibliothèques, sans que j'ai besoin d'en rajouter.

    Je suis en congés cette semaine, en congés confinée, inutile de te dire que je m'ennuie un peu, et quand je dis un peu, je suis bien en dessous de la vérité. Comme m'a dit une copine, on va sortir de ce confinement avec le cul tout plat, d'avoir passé nos journées assis sur nos canapés. 

    Cet après-midi, j'ai passé la tête au bureau, c'est l'avantage du télétravail, histoire d'avoir quelques nouvelles. Bah j'aurais mieux fait de m'abstenir. J'ai appris que mes deux collègues prestataires voient leur mission arrêtée fin juin, la Big Bank réduisant la voilure côté frais généraux au vu de la crise économique. Et que la réorganisation dont j'avais déjà entendu parler se précise, mon service devrait vraisemblablement disparaitre en septembre prochain. Mon collègue David et moi sommes un peu dépités, nous étions plutôt contents d'avoir trouvé, depuis à peine un peu plus d'un an, un service où on se sentait bien, bonne ambiance et boulot pas passionnant, mais pas trop pénible, et sans trop de pression. Bon, si ça se trouve on continuera à faire notre boulot, mais dans une autre équipe. Tout est possible dans le monde merveilleux de l'entreprise. 

    En tout cas, confinement, télétravail, départ de mes collègues, réorganisation, ça fait beaucoup de changements, pour moi qui ai horreur de ça. Mais ça pourrait être pire. La crise qui nous tombe dessus est dramatique pour certains - d'ailleurs je me fais du souci pour mes collègues prestataires, ils pourraient bien se retrouver au chômage si leur boîte ne leur retrouve pas de contrat. 

    Foutu virus.

    Et tu sais quoi ? Ben mes parents dans leur ehpad, même pas un petit rhume, pas la moindre toux, rien. Ouep, j'ai parfois les idées mal placées.


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  • A - Anglais. Une des résolutions de l'année, c'était de travailler régulièrement mon anglais, bouquin d'exercices, vidéos du British Council, etc. Et puis le confinement serait la période rêvée pour ça. Bah non, grosse flemme, pas envie.

    B - Bouquins. L'autre résolution de l'année, m'attaquer à la Pile A Lire qui m'attend dans le coin bibliothèque de la deuxième chambre. C'était sans compter une de mes voisines, qui m'a passé cette semaine deux grosses poches de bouquins. La troisième résolution c'était d'apprendre à dire non - échec sur toute la ligne.

    C - Confinement. Bah ça dure, je suis un peu triste de ne pas vu mon fils aîné depuis plusieurs semaines, et ma petite-fille avec. Deux mois sans la voir, elle aura bien grandi. Vivement qu'on puisse se retrouver tous ensemble. Mon anniversaire est mi-mai, j'espère bien fêter ça avec eux.

    F - Fatigue. Le contrecoup du stress, je suppose. Et puis moins on en fait, moins on a envie d'en faire. Il faut que je me reprenne en main, retrouver une activité sportive acceptable. Marcher une heure par jour, c'est gentil, mais c'est pas du sport. 

    M - Marche. Je sors désormais marcher tous les jours une heure. L'occasion de respirer l'air libre, d'écouter les oiseaux, de m'échapper de mon appartement. Je fais des photos, ça me permet d'oublier un peu la situation. Je fais des photos thématiques, que je poste ensuite sur facebook. J'ai fait des photos d'arbres, des photos de gouttes d'eau sur des feuilles, après une averse, des photos de fils électriques sur le ciel bleu, et des photos de nuages. 

    R - Ramadan. En relation avec ma note précédente : partir dans un petit village, avec des vieux en béret,  une église et des cloches qui sonnent. Le multiculturalisme, ça a ses limites, crois-moi.

    S - Sport. Je suis en congés cette semaine, la Big Bank nous ayant demandé de poser des congés maintenant pour éviter qu'on parte tous en vacances quand le confinement sera fini. Donc l'occasion de me remettre au sport, car j'ai un peu lâché le truc ces derniers quinze jours. Me remettre au yoga, au moins un jour sur deux, alterner avec des exercices avec des haltères. 

    T - Télétravail. Ca se précise, on va y rester plusieurs mois, le déconfinement se fera de façon très progressive, une semaine de boulot en entreprise, suivie de deux semaines de télétravail, puis retour au boulot, puis télétravail, etc. Au minimum tout l'été, l'objectif étant d'éviter une deuxième vague d'épidémie. Par la fenêtre de ma cuisine, j'ai vu le printemps arriver, les cerisiers du Japon fleurir, puis laisser la place aux fleurs du grand acacia devant mon immeuble. Parti comme c'est parti, je risque de voir tomber les feuilles des platanes qui bordent l'aire de jeu pour enfants ! 


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  • Comme disait ce bon Gandalf.

    Ce déconfinement, pour aussi pénible qu'il soit, permet de réfléchir. Sur le rapport au travail, sur le rapport à son chez-soi, sur son rapport aux autres, éventuellement. 

    J'ai eu une longue discussion, via Skype, avec Cléante, mercredi. Comme on prenait de nos nouvelles respectives, je lui ai dit que pour moi, ce confinement était l'occasion de revoir mon rapport à mon appartement, à mon quartier. Pareil pour lui. Il vit depuis une dizaine d'années dans un appartement, en plein Bordeaux, ce qui lui convenait jusque là, parce que lui permettant de sortir en ville facilement, et surtout de pouvoir rentrer chez lui, en ayant bu, à pied et donc sans craindre un contrôle d'alcoolémie. Le confinement sans un appartement sans balcon lui fait reconsidérer les choses.

    Cléante est originaire d'une petite ville du bout du département, à la limite de la Dordogne. Là bas, m'expliquait-il, tu peux acheter une maison pour moins de cent mille euros, et attention, une maison en pierre, avec parquets et poutres centenaires, et fantômes authentiques. Bon, le problème c'est que dans ces petites villes de campagne il n'y a pas vraiment de travail, et c'est bien là que le bât blesse. Mais, me disait-il, il réfléchissait quand même, parfois. "Tu comprends, avec 100 000 euros, j'ai une maison. Il m'en reste encore un peu pour voir venir, et puis à la campagne, tu ne dépenses quasiment rien, et puis franchement, même s'il me fallait devenir ouvrir agricole, ça m'irait". Ca, c'est le fantasme, la réalité c'est autre chose, faire le grand saut, à nos âges, il en va autrement. Je suis bien placée pour le savoir : il y a dix ans je suis partie recommencer à zéro, autre région autre boulot, j'ai tenu six mois sans ma famille, la Rue Sainte-Catherine et les salles obscures de l'Utopia.

    Pour autant, je réfléchis beaucoup, je revois moi aussi mes priorités, et je commence à réfléchir sérieusement à partir, d'ici quelques années, m'installer dans un petit village du sud-gironde. Mon appartement est bien, et il est bien situé. Mais. Mais il y a le bruit d'un quartier par trop populaire, le bruit, les odeurs, la saleté. 

    Pas possible de partir maintenant. Je ne peux pas acheter une maison aux fins fonds de la Gironde et continuer à bosser sur la métropole bordelaise, même si le télétravail va entrer dans les mœurs. J'y ai tout de même réfléchi, parce qu'entre être coincé trois quart d'heures dans les bouchons, et faire trois quart d'heure de routes de campagnes, la seconde option parait plus agréable. Mais ce n'est pas le bon moment. Parce qu'avec cette crise, on ne sait pas trop où on va, on ne sait pas ce que va donner le marché de l'immobilier dans les mois à venir, et que mes économies ont un peu souffert de la crise également, en particulier le plan épargne entreprise qui s'est cassé la gueule en même temps que les actions de la Big Bank. J'ai donc tout intérêt à attendre, la retraite c'est fin 2027, et pourquoi ne pas partir un peu avant selon ce que proposera la Big Bank aux séniors à ce moment là. Du reste, si la demande immobilière reste la même sur la métropole, la valeur de mon appartement devrait continuer à augmenter et j'aurais, par contre, bien remboursé mon prêt, le différentiel devant me permettre alors d'envisager plus facilement un nouvel achat. Je me dis que partir dans cinq ans, ce serait pas mal, et que cinq ans, ça passe vite. Il me faut donc être patiente…. ce qui est bien la qualité qui me fait cruellement défaut ! 


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  • Et les alentours sont verts comme je les aime ! Je suis rentrée hier midi de ma marche quotidienne avec un bouquet de fleurs et herbes des champs, et ça m'a fait du bien !

     

    Le printemps, malgré tout


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