• Au jour le jour...

    Ce matin, je me suis levée relativement tard - 10 heures - c'est à dire juste la bonne heure quand on est fatigué. Après tant de jours de pluie, il faisait beau dehors, et je suis sortie sur la terrasse humer l'air du matin. Il faisait étonnament doux, et j'ai regretté que la table de jardin soit mouillée, j'aurais aimé pouvoir déjeuner dehors. J'ai tout de même fini de boire mon thé, les coudes sur la rambarde, en contemplant les arbres qui m'entourent. En étant au second étage, j'ai un peu la tête dans les arbres, j'aime beaucoup cette sensation. Je me suis préparée tranquillement, mais sans trop traîner, j'avais prévu de déjeuner ce midi avec mes parents. Au retour, en milieu d'après-midi, j'ai pris le tram pour aller à Bordeaux, direction l'Utopia, comme tous les samedi après-midi. Tram plein, ce qui m'a étonnée, et pour cause : en arrivant à Bordeaux je me suis trouvée en pleine braderie, braderie qui clôture chaque année la période des soldes. Rien d'intéressant, mais  beaucoup de monde, difficile de marcher rue Sainte-Catherine, heureusement que je n'étais pas pressée, j'étais en avance pour la séance. Heureusement car la salle était pleine, pour une des dernières séances de Beginners, un joli film tout en demi-teintes.

    Beginners, c'est la rencontre d'un homme et d'une femme, Oliver et Anna, ou comment débuter une relation quand on est fragilisé par les échecs précédents, et marqué par les relations avec ses parents. De plus, Oliver vient de perdre son père, il est en plein travail de deuil. Il a accompagné son père dans les derniers mois de celui-ci. Le film raconte à la fois la relation naissante et ces derniers mois, par des flash-backs fréquents, qui expliquent et soulignent la fragilité d'Oliver. Le duo Ewan McGregor/Mélanie Laurent fonctionne bien et j'ai passé un bon moment. Le film est moins triste que l'on pourrait le penser, notamment en raison du personnage du père, celui-ci étant homosexuel et ayant fait son coming-out à 73 ans, après la mort de sa femme. Cela donne l'occasion de scènes un peu drôles, qui évite au film d'être trop triste et pesant. A souligner la BO, agréable, avec quelques morceaux de jazz, je veux dire de "vieux" jazz, et j'ai bien aimé.

    Je suis sortie du cinéma un peu tard, dans l'après-midi finissant, toujours ensoleillé.

    Ce soir j'ai fait le tri des (très) rares photos de mes fils que j'avais d'eux, mon ex-mari ayant gardé toutes nos photos, et je les ai mises dans un pêle-mêle, il ne manque plus qu'un clou pour l'accrocher au mur !

    Comme je cherchais dans mes cartons si j'avais éventuellement d'autres photos de mes fils (hélas non), j'ai découvert que j'ai perdu mon diplôme du bac, quelque part dans mon dernier déménagement. J'espère que cela ne me compliquera pas trop la réinscription en fac.

     

    Dans mes cartons j'ai également retrouvé un poème d'une poètesse iranienne, Forough Farrokhzad, poème que j'avais découvert il y a déjà plusieurs années dans un film d'Abbas Kiarostami. Je crois que j'avais vu ce film dans la très belle, bien que vieillissante, salle du cinéma Jean-Vigo, aujourd'hui disparu. Je n'étais pas seule. Ce poème a d'autant plus d'importance pour moi.

    Dans ma nuit, si brève, hélas,

    Le vent a rendez-vous avec les feuilles.

    Ma nuit si brève est remplie de l'angoisse dévastatrice

    Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?

    De ce bonheur, je me sens étranger.

    Au désespoir je suis accoutumée.

    Là, dans la nuit, quelque chose se passe

    La lune est rouge et angoissée,

    Et accrochée à ce toit

    Qui risque de s'effondrer à tout moment.

    Les nuages, comme une foule de pleureuses,

    Attendent l'accouchement de la pluie,

    Un instant, et puis rien.

    Derrière cette fenêtre

    C'est la nuit qui tremble

    Et c'est la terre qui s'arrête de tourner.

    Derrière cette fenêtre, un inconnu s'inquiète pour moi et toi.

    Toi, toute verdoyante,

    Pose tes mains - ces souvenirs ardents -

    Sur mes mains amoureuses

    Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,

    Aux caresses de mes lèvres amoureuses

    Le vent nous emportera !

    Le vent nous emportera !


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