• Alors on ralentit... et on va droit dans le mur

    J'ai souri, quand la prof de yoga a annoncé, hier matin, que la séance du jour aurait pour thème "ralentir". De fait, ça va un peu mieux en cette fin de week-end de trois jours, même si ce n'est pas tout à fait ça. J'ai en effet passé la fin d'après-midi d'hier avec ma tante et ma cousine, que je n'avais pas vues depuis l'enterrement de mon oncle. Il me tenait à coeur de voir ma tante, que j'ai été contente de trouver avec un bon moral, et des projets, comme toujours. 

    Mais j'ai mal vécu ce qu'elles m'ont raconté. Ma tante m'avait demandé, lorsque je l'ai appelé immédiatement après la mort de mon oncle, de lire un texte à l'église. Je l'ai fait, bien sûr, c'était à ma manière la façon de leur rendre toute l'affection qu'ils ont toujours eu pour moi, et au texte qu'avait écrit ma cousine, j'ai rajouté un petit mot à l'attention de ma tante, et un petit mot d'hommage à mon oncle. Ce n'est pas facile pour moi, lire en public, et qui plus est devant un micro et dans une église. Mais en dépit du stress, il était hors de question que je ne le fasse pas avec le coeur, et immédiatement après la cérémonie, ma tante et ma cousine m'ont remerciée avec beaucoup d'émotions.

    Etant garée un peu loin, je suis arrivée un peu après tout le monde au cimetière. J'y ai retrouvé mon père. Celui-ci m'a à peine dit bonjour, je ne suis pas aveugle ni stupide au point de comprendre que depuis plusieurs mois il me bat froid et me reproche - par derrière - de ne plus aller voir ma mère chaque semaine à l'ehpad.

    Mais c'est hier que j'en ai appris plus. Comme ma tante et toute la famille arrivait au cimetière, ma tante et ma cousine sont naturellement allées voir mon père, qui les y attendait. La première chose qu'elles ont dit à mon père, c'est leur contentement pour la façon dont j'avais lu le texte pour mon oncle. "Elle ferait mieux de s'occuper de sa mère", a-t-il grogné.

    Je sais. Cela ne devrait pas m'atteindre. Il n'a jamais rien dit de positif de toute sa vie, ce n'est pas maintenant qu'il va commencer. Mais voilà, ça m'atteint.

    J'aurais dû aller à l'ehpad cet après-midi. Ca fait quinze jours que je n'y suis pas allée. J'aurais dû y aller, j'aurais dû avoir le cran de dire à mon père "tu as quelque chose à me dire plutôt que de me critiquer dans mon dos ?" J'aurais dû lui dire tout ce que j'ai sur le coeur, sur sa méchanceté, et j'aurais même dû lui dire que je le plains de n'avoir jamais éprouvé d'amour pour qui que ce soit dans sa vie. J'aurais dû lui dire qu'il mourrait seul, et que je ne lirai pas de texte pour son enterrement.

    Oui, mais je ne l'ai pas fait. J'ai passée la journée malade de peur à l'idée de l'affronter. Le pire c'est que je sais qu'en y allant pas, j'aggrave la situation. Mais j'en suis incapable. Plus ça va, plus j'ai une trouille bleue de mon père. Le mot du jour est : échec.


  • Commentaires

    1
    bleu
    Lundi 29 Octobre à 00:05

    La confrontation n'est pas toujours la meilleure solution. Il n'y a pas de mal à vouloir éviter le conflit, et tu ne devrais pas t'en faire pour ça. Tu as cherché à te préserver, et tu as raison. Peu importe ce que lui pense de la situation (probablement du mal), tu as agis avec la légitimité de la personne qui ne tient pas à se mettre en péril face à une personne qui est visiblement incapable de toute argumentation. Alors ne t'en fais donc pas pour tout ça.

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