• A l'étiage

    Et voilà, autant je m'attendais à ça, en début d'année, quand j'ai aménagé chez papa-maman, avec cartons mais sans fistons. Puis finalement j'avais tenu le coup, de façon surprenante mais plutôt soulagée. Et puis voilà, c'est maintenant que je craque, maintenant que je sens à l'étiage, une marée basse mais basse, et puis pas une marée basse façon bassin d'Arcachon, qui laisse de jolis dessins sur le sable, et du varech qui sent bon la plage de quand on était gosse. Non, une marée basse façon Garonne, de celle qui laisse apparaître ce qu'elle cache habituellement, limons, boues, troncs décomposés, cadavres d'animaux...

    Craquer dans la voiture, c'est pas ce qui m'affole, j'ai une longue pratique derrière moi, maintenant. Me retrouver à aller me planquer aux toilettes, trois fois dans la matinée, c'est plus dur. Je vais repousser le moment d'aller chez le coiffeur, finalement c'est très utile, cette frange qui tombe sur mes lunettes. Me demander avec angoisse comment je vais tenir, et, étrangement, me demander surtout comment je vais gérer. Parce que ça a l'air de rien, mais gérer un craquage chez papa-maman, ça ne va rien arranger. J'ai envie d'être seule pour chialer, sauf que seule, en fait, je ne le suis jamais (sauf dans ma voiture). Encore un des paradoxes tellement supeeeeeeers qui caractérisent le sentiment d'échec que je me trimballe, lourde valise, depuis mes conneries d'il y a cinq ans : je suis seule sans pour autant vivre seule, tout comme je crève de l'absence de mes gamins sans pour autant les appeler, tout comme je me plante au boulot parce que je n'arrive pas à m'y mettre. 

    Ce midi, refuser les invitations de mes copines, je me sens trop contagieuse. Déjeuner avec les collègues, ça oblige à serrer les dents et permet d'afficher un sourire social bienvenu.

    Au café, au soleil, envier l'inhumanité des lézards.


  • Commentaires

    1
    Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
    Jeudi 15 Avril 2010 à 13:05
    Parce que je ne suis douée pour rien, à commencer par vivre. Mais je n'ai pas, pour autant, pour l'instant, envie de lâcher la rampe.
    2
    Gabrielle
    Jeudi 15 Avril 2010 à 14:17
    Heureux les simples d'esprits
    deux milles que s'est ecrit
    aujourd'hui j'ai compris
    heureux les simples d'esprits
    oh oui ! aujourd'hui j'ai compris

    heureux celui qui ne comprend pas s'qui passe
    ne vois pas s'accumulez la crasse
    ici bas ou nos reves se fracassent
    maudite cette lucidité qui chaque
    jours prend leurs places qui fait que la resignation
    peu à peu nous enlacent que nos sourires chaque jours
    se transforment en grimace que grandissent nos angoisses


    ouvrir les yeux j'aurais pas du j'ai pas supporté
    c'que j'ai vu éblouÏ l'innocence
    enterré l'insouciance de mon enfance aveuglés
    a jamais les espoirs de mon adolescence
    cette soufrance sa s'appelle prendre conscience

    texte de Sinsemillia...

    je suis là si tu as besoin mais j'ai bien compris que tu preferais etre seule et je te comprends, lache pas la rampe, je fais quoi moi sinon sans toi?
    3
    l-homme-des-cavernes
    Jeudi 15 Avril 2010 à 16:49
    Juste quelques ondes ensoleillées pour vous aider à tenir la rampe.
    Hdc
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