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    (pas très inspirée question titre, ce soir)

    Je ne roule désormais plus de nuit (ou rarement), et c'est bien mieux. La nationale, quand le soleil se lève, c'est tellement plus joli, et différent chaque jour. Ce matin, de longues écharpes de brumes déroulaient leurs méandres de loin en loin, au dessus de la route, et j'ai trouvé ça beau. Il est vrai qu'il m'en faut peu.

    A la question précédemment posée, de savoir jsq où je pourrais résister à la pression, mon corps s'est chargé de répondre qu'il commence à saturer. Ca aurait pu donner qq chose du genre "j'ai la rate qui s'dilate, j'ai le foie qu'est pas droit..." mais les douleurs noctures sont moins drôles, plus inquiétantes.

    Hier je me suis jeté avec une copine. Elle a commencé à me dire "mais c'est simple..", à propos d'une décision que je n'arrivais pas à prendre, et je lui ai rétorqué "pour toi, tout est toujours simple". Méchamment. Parce qu'en ce moment, je ne suis pas d'humeur. Le simple, le noir ou blanc, le oui ou non, le pour ou contre, ça n'a jamais été mon lot. Je suis de ceux qui hésitent, qui craignent de se tromper, de faire mal, de faire du mal, de louper qq chose, de tout louper. Les grands principes, les phrases toutes faites, ça me gonfle. Je ne crois pas que ce qui ne nous tue pas nous rende plus fort. Je ne crois pas que quand on est au fond du trou, on ne puisse que remonter. Quand je suis au fond du trou, je sens bien qu'il y a pire, que le pire m'attend avec sa bouche d'ombre. Je suis du gris. Du gris clair au gris foncé... Pour autant, je crois que c'est ce qui m'a toujours amené à ne pas m'arrêter à considérer autrui comme un sale con, à toujours aller voir au-delà de l'apparence, de l'impression première.

    Quand j'étais enfant, ça paraissait simple.On s'aime, on se marie, on s'engueule, on ne s'aime plus, on divorce. Mes oncles et tantes divorçaient frequemment.  Adulte, j'ai complètement loupé ma première séparation, incapable d'affronter et d'assumer l'accumulation de pressions, culpabilités, déchirements, rapports de force qui se nouent au moment où le couple se dénoue. Mes oncles et mes tantes faisaient leurs valises et partaient refaire leur vie ailleurs, loin. Refaire leur vie ou fuir l'échec, les complications. Je ne sais pas, je ne juge surtout pas et puis encore une fois, je ne crois pas au binaire.

    Alors ici, et maintenant, je tisse les mots, je les aligne, je les enfile comme des perles. Ecrire m'apaise, mettre à jour mes états d'âme me permet de prendre de la distance, au moins un peu, me libère un peu de la sensation d'échec qui m'habite quasiment constamment. Je ne lamente pas, je ne pleure pas sur mon sort, je m'autopsy. Et je crois que ça marche.


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